Ceux qui innovent


Le Calibre 7135 de Rolex place la barre très haut

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juin 2026


Le Calibre 7135 de Rolex place la barre très haut

En 2025, Rolex a sorti son nouveau système de régulation, le Calibre 7135, annoncé comme «révolutionnaire». Les principaux défis, ou les «ennemis» de l’horlogerie, sont les chocs, le magnétisme, la gravité, les frottements, l’étanchéité et les écarts de température. C’est la somme des détails qui, in fine, fait l’excellence du tout.

L

a chronométrie et la régularité de la marche sont la résultante de tous ces détails qui, mis ensemble, y contribuent chacun mais surtout – et c’est ce qui est le plus important – en garantissent la durée et la constance dans le temps. On a vu d’autres mouvements très inventifs et novateurs mais celui-ci, qui répond ainsi globalement à tous les défis d’une montre portée dans toutes les conditions, place la barre très haut.

Passage en revue des différentes avancées proposées par ce Calibre 7135 de nouvelle génération.

Pour commencer, l’échappement Dynapulse, comme l’appelle Rolex en précisant qu’il a fait l’objet de sept demandes de brevet, est entièrement conçu pour optimiser au maximum la transmission de l’énergie du barillet à l’oscillateur. Le but est d’obtenir le meilleur rendement possible en «dispersant» le moins d’énergie possible. Pour ce faire, les ingénieurs ont travaillé sur l’architecture générale de l’échappement, les matériaux employés, leur géométrie et la qualité de surface des composants. Et plus l’ensemble sera léger mieux sera distribuée l’énergie.

Architecturalement, c’est un échappement à distribution séquentielle en droite ligne de l’énergie qui provient du barillet. Il est très léger parce qu’il est réalisé en silicium – deux fois plus léger, que le titane. Et la géométrie ajourée des roues de distribution y contribue encore. Elles ont dents et pales sur le même niveau, le même plan. Elles s’engrènent ainsi entre elles par leurs pales et leurs dents entraînent alternativement – séquentiellement, donc – la bascule d’impulsion, qui elle-même agit sur l’oscillateur. Grâce à cette construction des roues, les frottements sont moindres, ce qui diminue la consommation énergétique.

Cet échappement a aussi été repensé pour passer, pour la première fois chez Rolex, d’une fréquence de 4Hz à 5Hz, induisant «une consommation plus rapide de l’énergie fournie par le système de remontage automatique». Et ceci dans le but d’offrir une semblable réserve de marche (environ 66 heures) que le précédent calibre 7140. Cette cadence permettrait certes d’afficher le 1/10e et le mouvement de la trotteuse est plus fluide. Mais au-delà de ça, plus la fréquence est élevée plus la marche est stable. Le mouvement est plus robuste encore, encaisse mieux les chocs.

Il est plus facile de régler la précision sur un balancier qui fait 10 alternances/seconde, comme un 5Hz, qu’un 4Hz qui n’en fait que 8. D’où une précision de réglage améliorée. A l’époque, quand Rolex employait encore pour sa Daytona des El Primero à 36’000 alt/h, il les abaissait à 28’800 alt/h, car ils étaient bien trop gourmands en énergie. Donc parvenir à conserver une semblable réserve de marche de 66 heures entraîne nombre de choix techniques.

L’oscillateur a fait l’objet de bien des attentions, à commencer par l’axe du balancier réalisé en céramique. Il été poli «à l’échelle nanométrique» nous dit-on. C’est important car on peut dire que chaque micron poli, c’est un infime fragment d’énergie gagné. Et la céramique, outre qu’elle est amagnétique, d’une dureté remarquable qui prévient des impacts et des microfissures qui peuvent advenir, offre une géométrie optimale et un état de surface parfaitement lisse, polie au laser «femto-seconde».

Le balancier lui-même a été réalisé en «laiton optimisé», un alliage qu’utilise ici pour la première fois Rolex pour ses propriétés de résistance aux champs magnétiques comparables à celles de la céramique de son axe. Car l’un et l’autre vont de pair. Réduire aussi les frottements est essentiel à chaque étage, tout au long de la chaîne. La géométrie de la pièce, son état de surface, sa lubrification, sa résistance… tout compte.

Le spiral Syloxi qui équipe le calibre 7135 est en composite de silicium et d’oxyde de silicium, donc insensible ou moins sensible aux variations de température, aux champs magnétiques et aux chocs. En outre, Rolex a développé et breveté pour ce spiral une géométrie toute particulière: l’épaisseur et l’espacement de ses spires varient sur toute la longueur du spiral (grâce à son mode de fabrication DRIE, pour Deep Reactive Ion Etching, gravure ionique réactive profonde de haute précision, ndlr). Une innovation qui garantit la régularité de la marche dans toutes les positions, un meilleur réglage qui contribue à compenser les effets de la gravité dans les positions verticales, là où elle se fait le plus sentir.

Le calibre 7135, est certifié «Chronomètre Superlatif» par Rolex. Cela signifie qu’après avoir passé les tests classiques du COSC (Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres), qui se mènent sur le mouvement non emboîté, Rolex procède à une seconde étape de certification une fois la montre emboîtée – car à l’emboîtage des dérèglements peuvent se produire, et il faut aussi procéder à des tests supplémentaires, notamment d’étanchéité et d’autonomie sur la montre finie, en conditions simulées de porter. Au final, alors que le COSC admet un écart de marche de -4/+6 secondes par jour, la certification «Chronomètre Superlatif de Rolex» n’admet un écart journalier que de -2/+2 secondes.